THIAROYE, 1944

THIAROYE, 1944

Ils avaient survécu à la guerre. Pas à la France.

Ils avaient porté l’uniforme.
Ils avaient combattu loin de leur terre.
Ils avaient connu la captivité, la faim, l’humiliation.
Ils avaient cru à une promesse.

Puis ils sont rentrés.

À Thiaroye, on ne les a pas accueillis.
On les a parqués.
On les a méprisés.

Ils réclamaient ce qui leur était dû :
leur solde,
leurs primes,
leur dignité.

Ils n’étaient pas armés.
Ils n’étaient pas en rébellion.
Ils étaient debout.


À l’aube, l’État a parlé en balles

Le 1er décembre 1944, à l’aube,
le camp est encerclé.
Les mitrailleuses sont braquées sur des hommes désarmés.
L’ordre est donné.

On tire.

Sur ceux qui avaient combattu le nazisme.
Sur ceux qui revenaient des camps.
Sur ceux qui demandaient justice.

Le sol de Thiaroye absorbe le sang africain.
En silence.

Combien sont morts ?
35, dit l’État.
70, disent certaines archives.
Bien plus, disent les fosses anonymes et les familles sans réponses.

La vérité est enterrée avec les corps.


Après le massacre : inverser la faute

Les survivants ne sont pas soignés.
Ils sont arrêtés.

Jugés.
Condamnés.
Accusés de mutinerie.

Les morts sont effacés.
Les vivants, brisés.

Le silence devient politique.
L’oubli devient stratégie.


Thiaroye n’est pas une bavure

Thiaroye n’est pas un accident.
Ce n’est pas une erreur.
Ce n’est pas un excès.

C’est un message.

Vous pouvez mourir pour l’empire.
Mais vous ne serez jamais ses égaux.

Thiaroye révèle la vérité coloniale :
la hiérarchie des vies,
le racisme institutionnel,
la valeur variable du sang.


Transmission

Thiaroye n’est pas une date.
C’est une fracture.

Un point de rupture où beaucoup ont compris
que la liberté ne se demande pas.
Elle se prend.

Si l’Afrique s’est levée,
c’est aussi parce que Thiaroye a montré le vrai visage de l’empire.


**Ils étaient soldats.

L’histoire les a traités comme des corps.
Nous les nommons martyrs.**

BlackArtist — Transmission
La mémoire n’est pas un luxe. C’est une responsabilité.

 

THIAROYE, 1944

They survived the war. They did not survive France.

They wore the uniform.
They fought far from their homeland.
They endured captivity, hunger, humiliation.
They believed in a promise.

Then they returned.

At Thiaroye, they were not welcomed.
They were confined.
They were despised.

They demanded what was owed to them:
their pay,
their bonuses,
their dignity.

They were not armed.
They were not rebelling.
They were standing.


At dawn, the State spoke in bullets

On December 1st, 1944, at dawn,
the camp was surrounded.
Machine guns were aimed at unarmed men.
The order was given.

Fire.

At those who fought Nazism.
At those who returned from camps.
At those who demanded justice.

The ground of Thiaroye drank African blood.
In silence.

How many died?
35, says the State.
70, say some archives.
Far more, say the unmarked graves and the unanswered families.

The truth was buried with the bodies.


After the massacre: reversing the crime

The survivors were not treated.
They were arrested.

Tried.
Convicted.
Accused of mutiny.

The dead were erased.
The living were broken.

Silence became policy.
Forgetting became strategy.


Thiaroye was not an accident

Thiaroye was not a mistake.
Not an excess.
Not a misunderstanding.

It was a message.

You may die for the empire.
But you will never be its equal.

Thiaroye exposes colonial truth:
a hierarchy of lives,
institutional racism,
blood valued differently.


Transmission

Thiaroye is not a date.
It is a rupture.

A breaking point where many understood
that freedom is not requested.
It is taken.

If Africa rose,
it is also because Thiaroye revealed the true face of empire.


**They were soldiers.

History treated them as bodies.
We name them martyrs.**

BlackArtist — Transmission
Memory is not a luxury. It is a responsibility.

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